Quand le gouvernement décide de s’emparer de l’esprit citoyen de la jeunesse…

*Soupir* Si ce gouvernement (et la classe politique en général, parce que j’en trouverai beaucoup à dire sur tout le monde, rassurez-vous) cherche à me rendre chèvre, c’est en bonne voie de réussite ! La dernière allocution de François Hollande est un modèle d’État contrôleur et policier à venir, avec notamment l’idée d’un parcours citoyen pour les jeunes. Dit comme ça, je présume qu’on ne voit pas le problème, et c’est normal. Comme toujours, le Diable est dans les détails. Détails à lire dans cette série de screens pris par mes soins sur Twitter. Et n’hésitez pas à fouiller le compte de l’Élysée pour les voir vous-mêmes.

Donc… Ce parcours citoyen s’étendra du CP à la terminale, qui verront l’élève subir pas moins de 300 heures de cours sur le sujet sur l’ensemble de cette scolarité ! Si quelques heures d’éducation civique et de sciences sociales ne peuvent pas faire de mal pour saisir le joyeux bordel administratif et politique qui règne dans ce pays, commencer à donner mal au crâne avec ça dès le CP me paraît légèrement discutable et peut même ressembler à de l’embrigadement… Mais ça n’est pas encore le pire. Comme je l’ai dit, c’est même presque acceptable, le seul point gênant étant le début du parcours.

Non, le pire arrive en deux étapes.
D’abord, l’engagement citoyen au collège, en plus d’imposer des stages associatifs à coté des stages en entreprise, fera l’objet d’une évaluation et d’une validation à l’examen du brevet. Oui, rien de moins. Je me demande ce qu’il se passer s’il n’est pas validé, tiens. Redoublement même si vous avez le niveau ? Vous passez mais on vous empêche d’obtenir le diplôme ? On vous classe déjà comme « à risques » ? Déjà une belle zone d’ombre…

Ensuite arrive à 16 ans la remise de ce livret citoyen où chacun consignera ses actes d’engagement et qui lui rappellera ses droits et devoirs. Ce livret vous accompagnera jusqu’à vos 25 ans et comportera divers temps et formes d’engagement OBLIGATOIRES ! Je n’invente rien, allez voir les screens ou les tweets directement. Plusieurs problèmes ici.
D’abord, c’est donc l’État qui va se charger de penser à votre place et de veiller à votre citoyenneté, en choisissant bien ce qui vous sera obligatoire. Ensuite, justement, il y a la question de l’obligation, encore martelée plus tard par un sublime « L’engagement est un mouvement qui part de la société. Il ne se décrète pas. ». Et là, on a un vrai problème.

En effet, jusqu’à preuve du contraire, l’engagement citoyen, sous quelque forme que ce soit, est un engagement individuel, réfléchi, et voulu. On va s’engager dans des causes qui nous tiennent à cœur et parce qu’on a le temps et la volonté de le faire. Cet état de fait est ici totalement nié par le gouvernement, et c’est totalement assumé par le fait de déclamer ouvertement que l’engagement ne se décrète pas.
Nous nous trouvons donc (et là, on va dire que j’exagère, évidemment) devant un cas où le gouvernement veut tout simplement fliquer et contrôler sa jeunesse, en plus d’imposer SA vision de la citoyenneté. Il ne fait guère de doute que tout ça sera en effet contrôlé, fiché, classé, et transmis. Juste par précaution, vous comprenez. Et l’obligation est là pour faire le tri entre les bons petits soldats dociles et les rebelles à surveiller.

Et maintenant, l’autre zone d’ombre : ce livret accompagnant quelqu’un de 16 à 25 ans, que se passera-t-il si le contenu final ne plaît pas ? Non, n’essayez pas de me faire croire qu’il n’y aura pas de validation finale, hein… Se dirigera-t-on vers un choix type « La fiche S, la prison, ou la rééducation de la pensée pour une nouvelle chance » ? Verra-t-on exister deux catégories de citoyens, à savoir les bons citoyens reconnus qui suivent sans réfléchir, et les mauvais citoyens qui osent penser leur vie et leur engagement par eux-mêmes ?
Comment ça, j’en fais trop ? Hé, je sais, ça pourrait être pire. Imaginez donc un régime bien extrémiste avec ce genre d’outil… Là, vous commencez à voir le problème, hein ?

Bien sûr, tout cela est parachevé par une proposition d’étendre la JAPD. Apparemment, on envisagerait une semaine. Oui, une semaine de blabla militaire à entendre que la défense, c’est trop bien et qu’il n’y a que ça à faire pour protéger, aimer et améliorer son pays, parce que c’est désormais bien connu, expliquer, comprendre, c’est excuser, et c’est donc à proscrire. N’est-ce pas ?

Bienvenue dans le flicage de masse des jeunes ! Et on s’étonnera après que plus personne ne veut croire en la politique.

Sinon, le temps (pour les concernés) et l’argent (pour l’État), sans parler des professeurs et formateurs… On les trouve où ? Parce que là, ça va vite devenir difficile de tout concilier. Gros risques de surmenage chez les plus jeunes très vite…

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