François Hollande ou le mandat de la surprise

Décidément, François Hollande aura été l’homme de toutes les surprises (plus souvent mauvaises que bonnes, certes…). Improbable candidat propulsé favori du PS suite à la tourmente judiciaire dans laquelle s’était plongé Dominique Strauss-Kahn, président issu d’un parti de « gauche » (les guillemets ne sont pas là pour rien, croyez-moi…) et qui a nommé un Premier Ministre de droite (oui, au cas où, je parle de Manuel Valls, pas de Jean-Marc Ayrault) pour faire la politique qui allait avec, président le plus impopulaire de la Ve République (oui, encore plus que Nicolas Sarkozy, oui), capable d’ouvrir le mariage aux LGBT tout en mettant tout le pays sous surveillance, proposer la déchéance de nationalité, et j’en passe…

Certes, à sa décharge, il n’aura pas eu la tâche facile, après le naufrage de Nicolas Sarkozy à reprendre au début, et la vague terroriste par la suite. Mais nous (électeurs de gauche) n’avions pas signé pour ce merdier. Nous n’avions pas signé pour la loi Travail, l’état d’urgence permanent, la police surarmée… Et il s’est entêté, encore et encore, persistant à dire que le cap était bon, alors que tout disait le contraire.

Cette absence totale de remise en question, couplée à la nomination de Manuel Valls à Matignon (imaginez le scénario avec Christiane Taubira à sa place… Si seulement il avait eu ce courage…), n’a pu mener qu’à une chose : une rupture totale avec les Français. Et vous me connaissez, je ne suis pas homme à mâcher mes mots. Si quelqu’un mérite que je lui dise merde, je le fais. François Hollande l’aura mérité chaque jour à la seconde où il a fait cette nomination et enchaîné les idées foireuses dignes des Républicains et du FN.

Une fois encore, ce soir, il aura déjoué tous les pronostics.
Vous souvenez-vous du jour où il soumettait sa candidature à un second mandat à l’état de la courbe du chômage ? Nous y avions tous vu une posture électorale, une belle phrase, vide de sens. Mais il semblerait que, contrairement à son prédécesseur, il ait pris la pleine mesure de l’échec de sa présidence, et en ait tiré la seule conclusion possible : non, il ne briguera pas de second mandat !
Ce fait est une première sous la Ve République.

Alors, non, nous ne dirons pas merci à François Hollande pour sa présidence, et nous n’oublierons pas son énorme erreur dans le choix de son second Premier Ministre, menant à une politique abusive, faite de 49.3 et de restrictions de libertés, de cadeaux pour le patronat…
Mais ce soir, au lieu de lui dire merde, devant une décision lucide et, disons-le, assez courageuse, nous pouvons peut-être admettre qu’il s’est élevé au moins une fois à une stature d’Homme d’État digne de ce nom et lui dire, même si ce sera sans doute la seule et unique fois, « Au revoir, Monsieur le Président ».

Et puis, vu qu’on se dirige vers du Macron, Le Pen, Fillon, et sans doute aussi Valls pour la course à la présidentielle (même si je doute fortement de voir Valls remporter la primaire de « gauche »), on peut peut-être lui accorder le mérite d’avoir été lucide et arrêter de lui taper dessus quelques jours…

PS :
Juste une dernière chose, François. Quitte à ouvrir les yeux, fais-le vraiment, et essaie de rattraper le coup sur ce que tu peux tant que tu le peux. Genre… Abrogation ou réécriture de la loi Travail, levée de l’état d’urgence, ce genre de petites choses, tu vois…

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