L’imposture « Ni de droite ni de gauche » s’effrite encore un peu

Ah, Manu… Il fallait bien qu’à un moment, tu balances LA connerie qui allait tout faire exploser pour que tu te retrouves ici à ton tour, au milieu de tous tes camarades droitistes. Car, oui, tu es de droite et pas qu’un peu. On se calme, les groupies, son histoire de « Ni de droite de gauche », ça fait longtemps qu’il l’a démolie tout seul ! Déjà, c’est une façon polie de dire « Je suis un enfoiré de droite, mais je veux pas faire peur à un potentiel électorat », mais en plus, contrairement à ses prédécesseurs qui tenaient des propos bien salauds en privé qui n’étaient rapportés que plus tard via la presse ou d’autres moyens, Manu nous les sort en direct live, en mode YOLO. Le type n’en a strictement rien à foutre de ce qu’on va penser, on dirait. Il aurait tort de se priver, après tout.

Bref, que nous a encore sorti Manu Jupiter ? Oh, trois fois rien. Après le « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. » ou encore le fait qu’on croise dans une gare les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien, voici qu’il s’exprime sur les futures manifestations contre sa réforme du Code du Travail. Et une fois de plus, c’est du très lourd !
Manu, donc, refuse de céder, on cite, aux fainéants, aux cyniques, et aux extrêmes. Et il ne s’arrête pas là ! Ah bah non, pourquoi s’arrêter dans la liste des gentillesses adressées aux opposants ? Ajoutons égoïstes et pessimistes. Pour la bonne forme, quoi.
Je crois que je ne me lasserai jamais de ces gens qui sont persuadés d’avoir raison et/ou d’être les sauveurs du monde pendant que les autres sont des cons finis qui n’ont rien compris (d’autant plus qu’il veut « plus de pédagogie » pour expliquer sa politique, c’est assez clair). Ils sont marrants, à défaut d’être convaincants.

Bref, une fois de plus, Manu nous sort du beau mépris de classe bien droitiste. Parce que reprendre comme ça sans arrêt le vocabulaire et les concepts de droite quand on n’est « ni de droite ni de gauche », ça doit bien avoir un sens. Non ? 😉

C’est d’autant plus de droite que tout ça va beaucoup plus loin, si on y réfléchit (et là, Manu, tu peux dégager, ce n’est pas personnellement contre toi, tu m’as juste fait avoir cette réflexion. Bon, ok, c’est un peu contre toi quand même, évidemment). Et pour ceux qui m’ont lu sur Twitter, désolé de la redite. Bref.
Nous avons là la bonne vieille opposition des grands gentils qui bossent dur contre les vilains râleurs chômeurs et fainéants qui foutent rien. Déjà, c’est un grand mythe, parce que conserver santé et dignité, que je sache, ce n’est pas de la fainéantise, c’est « juste » une saine base humaine… En soi, rien de neuf ni d’original, surtout quand on sait d’où ça vient.
Et justement, réfléchissez un peu au bord duquel ça vient : une bonne grosse droite immobiliste qui refuse de perdre ses privilèges et de voir la société changer radicalement. Les petits en bas, les puissants en haut, fermez vos gueules, y a rien à voir. Là où le concept est vraiment intéressant pour eux, c’est qu’il s’étend, en fait, se déroule. Ce n’est pas un simple constat simpliste lié au travail, c’est une pure base idéologique.

En gros, on étend le concept au fait qu’à droite, on bosse, on mérite, on avance, on produit, quitte à en crever. C’est une fierté et on la porte en étendard. Pendant qu’à gauche, on râle, on fout rien (ou en tout cas le moins possible), on glande, et on creuse la dette.
Le résultat ne se fait pas attendre et s’observe tous les jours : on se retrouve avec un pays où il est fermement ancré dans la tête des gens que bosser même à s’en mettre en danger, c’est important, sinon, t’es une merde. Ce qui entraîne en bonus que si on a des valeurs de gauche, et donc qu’on refuse de se soumettre à la loi du MEDEF ou d’un patronat qui veut pousser un peu trop, on se retrouve fainéant, anti-France,  et on veut bousiller l’économie du pays. Et c’est un minimum, parce que si on les écoute sur le côté social et le reste, on provoquerait apparemment une guerre civile en même pas deux jours…

Et donc, c’est comme ça qu’on obtient un pays ultra-dominé par la droite et l’extrême droite : on fait en sorte que la peur de la chute économique soit plus forte que toute pensée logique autour de la dignité humaine (la vôtre en premier lieu, évidemment). Et là, tout passe sans trop de problème, on trouve toujours du monde pour accepter ce genre de point de vue sans discuter.
Et ce mythe est tellement bien foutu que ça entraîne avec lui le reste des valeurs de droite (conservatisme, anti-immigration, etc….). Pourquoi ? Parce que le coup des assistés et autres fainéasses qui se font payer par les allocs (je sais, faut que j’en parle), les vilains étrangers qui viennent piquer le boulot des honnêtes travailleurs bien français, les professions qui se féminisent et détruisent ainsi lentement les repères sociaux (je n’exagère pas, croyez-moi, ils osent…), hé bien, ça en découle directement. C’est un enchaînement logique direct de ce mythe « Bosse/sois de droite ou sois une merde gauchiasse, c’est comme ça que tu seras un bon Français et feras honneur à ton pays ». Rien de bien compliqué quand on y réfléchit.

Et notre cher Manu, que fait-il avec ses remarques et idées pleines de mépris de classe ? Hé bien, il joue à fond là-dessus et laisse le masque lentement s’effriter pour dévoiler à tous (surtout ceux qui n’auraient pas encore compris, s’il en reste…) son véritable bord idéologique. Le pire ? C’est que ça marche chez certains et qu’il ne va même pas encore assez loin pour les droitistes les plus acharnés !
Et tant qu’être de gauche sera vu comme subversif et anti-France (parce que le politiquement correct, croyez-moi, il n’est pas à gauche, quand on voit tout ce qui est accepté dans ce pays…), ça ne risque pas de changer…

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